Bonjour Muriel, peux-tu te présenter en quelques mots ?
Bonjour, je me présente, Muriel, auxiliaire spécialisée vétérinaire, diplômée par VAE depuis 2024.
Après une très longue carrière dans le luxe et le tourisme, j’ai décidé de revenir à mes premières amours, et j’ai donc sauté le pas pour devenir ASV.
Peux-tu nous parler de ton parcours : comment es-tu devenue ASV ?
Après beaucoup d’incertitude et de « tâtonnement », j’ai suivi une formation à distance, qui demandait des heures de formation en présentiel en même temps que mon poste de vacataire où j’ai finalement eu la chance de rencontrer le Dr Lerclerc et sa team Ric et Rac Le Cannet, qui ont bien voulu m’accepter en tant que stagiaire les samedis (à cette époque je travaillais dans le service public la semaine).
Ils m’ont proposée de devenir AVQ (AUXILAIRE VETERINAIRE QUALIFIE) car je n’avais qu’un certificat. Par la suite, encouragée par mes pairs, j’ai démarré une VAE, qui a été validée en 2024.
A ce jour, je suis diplômée et en poste à la Clinique vétérinaire Ric et Rac Le Cannet depuis 2019, en charge, avec ma collègue Cécile, de l’accueil. En effet, la clinique est organisée en 3 services : accueil, soins, et chirurgie.
L’accueil me correspond très bien car j’étais guide quadrilingue précédemment. De ce fait, le contact avec les gens ne me fait pas peur et je peux gérer la clientèle étrangère qui ne parle pas français ou très peu puisque je suis polyglotte (Anglais, Allemand, Italien, plus des notions de Russes, Chinois, et Espagnol).
Quels sont tes tips cat friendly pour les propriétaires de chat ?
Pour les conseils CAT FRIENDLY, je dirais d’abord :
- Respecter le rythme du chat : c’est lui qui choisit quand il veut interagir, et le forcer ne fait que créer du stress.
- Penser environnement : de la hauteur, des cachettes, plusieurs griffoirs, et surtout plusieurs points d’eau répartis dans la maison, avec pourquoi pas une fontaine. Et pour les litières, la règle est simple : une par chat, plus une.
- Le jeu reste indispensable : quelques minutes chaque jour suffisent pour stimuler son instinct et renforcer la relation.
- Côté santé : on veille à une alimentation adaptée, une bonne hydratation, des visites vétérinaires régulières, et la prévention avec antiparasitaires internes et vaccinations, même pour les chats d’intérieur.
- Un environnement calme et prévisible : les chats sont très sensibles au stress, donc une ambiance sereine fait toute la différence.
En résumé : respecter, observer, prévenir, et créer un espace où le chat peut vraiment s’épanouir.
Quelle(s) pratique(s) mets-tu en place pour réduire le stress des chats en clinique ?
En consultation, il m’arrive souvent d’être sollicitée par le vétérinaire. Je pense à me munir d’une serviette ou d’un plaid, pour faciliter la contention.
Un jour, après un examen général, le vétérinaire décide de faire un prélèvement buccal sur le chat « DD », à envoyer en analyse extérieure (recherche de calicivirus).
Dès mon arrivée en salle de consultation, je salue les propriétaires et le chat « DD ».
Je place la serviette sur la table d’examen (toujours une propre car les chats sentent les odeurs des autres congénères stressés) pour que le vétérinaire puisse l’y déposer.
Je lui gratte le dessus de tête tout doucement pour réduire son état de stress tout en utilisant une intonation rassurante.
Je l’entoure de la serviette ou du plaid version bujito, en le calant bien, pour éviter des réactions de stress excessif. Pour ce type de prélèvement, la serviette sera d’autant plus nécessaire car « DD » sera alors bien « emballé », cela l’aidera à être plus calme. Pour cette manipulation, je forme un parasol avec ma main gauche, en mettant mon pouce et mon index de chaque côté de ses babines et derrière ses crocs : le chat a des petites fossettes, qui permettent qu’il ouvre quasiment la bouche et j’utilise mon petit doigt pour faire baisser sa mâchoire inférieure.
Le vétérinaire lui place son écouvillon et effectue son prélèvement. Une fois terminé, je remercie notre petit patient de sa coopération, en continuant de le caresser sur le dessus de la tête, et après approbation du vétérinaire.
Une fois « DD » libéré de sa serviette, il retourne calmement dans sa cage. Ses propriétaires arrivés stressés ressortent de la salle de consultation sereins car « DD » a été manipulé avec délicatesse et l’examen s’est bien déroulé.
Il arrive que certains propriétaires lors de leur prochaine visite demandent au vétérinaire que ce soit moi qui vienne l’aider ou alors me réclament dès leur arrivée à la clinique.
Souhaites-tu nous partager un souvenir marquant de ta carrière d’ASV ?
Malheureusement, en clinique vétérinaire, nous rencontrons aussi des jours moins sereins. Certains de nos petits patients sont atteints de maladies graves et nous ne pouvons pas faire plus que la médecine vétérinaire puisse apporter même si elle est en pleine essor.
La fin de vie fait partie du processus normal du cycle de la vie, mais il m’arrive de m’attacher à des propriétaires et à leurs petits protégés.
Dans le cas de M. G, le chien était sous chimiothérapie depuis 2 ans pour un lymphome de type B. Le traitement avait bien fonctionné jusque-là mais depuis 2 mois « BB » ne répond plus au traitement. L’état du chien est très préoccupant, et le Monsieur s’est résigné.
Après discussion avec le vétérinaire, il est décidé de procéder à une fin de vie. Ce chien était toujours débonnaire, content d’être avec nous en hospitalisation, malgré le lourd contexte pathologique.
Il n’a jamais montré d’hostilité, et nous regardait comme s’il comprenait que nous prenions soin de lui.
Je me suis attachée à ce chien et à son propriétaire car nous nous voyions pratiquement 2 fois par mois depuis 2 ans. Quand l’acte a été réalisé, j’ai pleuré avec lui.
Cela fait partie du métier d’ASV, mais c’est toujours très dur pour moi de devoir les accompagner dans cette épreuve.
Si tu devais présenter le Club ASV en quelques mots pour donner l’envie à tes collègues de nous rejoindre ? Que leur dirais-tu ?
Le club ASV de MSD Santé Animale permet de mettre le métier d’auxiliaire vétérinaire spécialisée en lumière. Grâce au club ASV de MSD Santé Animale, j’ai eu le privilège de rencontrer d’autres ASV de contrées différentes avec lesquelles j’ai pu partager mes expériences, et aussi discuter de notre quotidien.
Notamment grâce au club ASV, j’ai gagné le Grand Challenge Club ASV 2025, et profité du congrès de l’AFVAC MARSEILLE 2025.
Cela a été une superbe expérience où j’ai pu aussi découvrir toute l’équipe MSD Santé Animale, qui est au top et que je remercie d’avoir tant pris soin de moi pendant mon séjour. Cette considération me va droit au cœur et m’a conforté dans mon choix de métier.
Merci à tous et à toutes.
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