Témoignages

Interview de Céline, ASV : dans les coulisses des soins d’un ours de cinéma

Bonjour, je vis dans le Jura entre lac et montagne, j’ai 50 ans, je suis mariée, j’ai 2 grands enfants dont je suis très fiere. J’adore tout ce qui fait travailler mon imagination : les livres, le cinéma.

Dans les années 90, je souhaitais devenir soigneur animalier dans un zoo mais la formation n’existait pas. N’étant pas majeure, je ne pouvais pas intégrer le GIPSA (Groupement d’Intérêt Public Santé Animale), j’ai donc suivi une formation dans un lycée agricole dans la Creuse où j’ai eu la chance de rencontrer l’homme de ma vie !

À l’obtention de mon diplôme en 1995, la convention des ASV a choisi la formation GIPSA comme formation diplômante. Je me retrouvais donc avec un diplôme non reconnu par la profession.

Après avoir exercé dans divers métiers, dans diverses régions de France, nous nous installons dans le Jura. En 2006, la clinique vétérinaire de Champagnole m’appelle pour faire un remplacement 8 jours. Cette année, j’ai fêté mes 20 ans à leur côté !

Le 14/02/2024, la protection civile qui s’occupait de veiller au tournage du film de Frank Dubosc nous appelle pour savoir si nous pouvions soigner un ours, qui boite. J’interroge le vétérinaire, avec qui je travaille ce jour-là, qui me répond que nous allons nous renseigner sur les différents traitements à donner à ce type d’animal et que nous pourrons le recevoir.

Monsieur Chesneau, le propriétaire de l’ours, nous a donné les coordonnées de son vétérinaire habituel. Quand nous avons vu le camion arriver, nous sommes descendus le voir. Valentin, l’ours, avait mal aux pattes à cause des aiguilles de sapin qui étaient particulièrement piquantes cette année-là. Après la consultation, monsieur Chesneau nous a proposé de faire quelques photos et vidéos avec Valentin.

Ours valentin et Céline ASV

Mon rôle consistait surtout à prendre les bonnes informations pour les transmettre au vétérinaire et à coordonner le rendez-vous pour qu’il s’intègre dans notre planning, sans trop perturber notre agenda.

Ce qui m’a marquée c’est son regard, pas une seule fois, je ne me suis sentie en danger, il me regardait d’un air doux et bienveillant.

Quand j’ai vu Valentin, j’ai été impressionnée par sa taille et puis par la douceur de sa fourrure, je pensais toucher un poil ras et dur alors que c’est tout le contraire, son poil est aussi doux qu’une peluche.

Ce que je retiens, c’est que j’ai fait un gros câlin à un ours et ça, ce n’est pas rien !

On a la chance de faire un métier où on sait quand commence la journée, mais jamais quand elle finit, ni quelles surprises elle nous réserve. On n’a pas tous les jours l’occasion de soigner une star de cinéma et sincèrement je pense que Frank Dubosc n’aurait pas fait autant sensation que Valentin.

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