Témoignages

Témoignage : ASV la nuit et coordinatrice d’un service d’urgence

Bonjour Natacha, pourrais-tu me parler de tes études pour devenir ASV ?

J’ai toujours voulu devenir ASV. Après mon bac littéraire, j’ai donc postulé dans des cliniques vétérinaires, j’ai trouvé un employeur et j’ai suivi le cursus du GIPSA à Aix-en-Provence.

J’ai obtenu mon diplôme en deux ans. Je travaillais dans une toute petite structure 100 % canine où je suis restée seize ans. Et puis j’ai eu envie de faire autre chose, de voir autre chose et de rentrer dans une grosse structure.

Je me suis toujours « éclatée » dans les moments d’urgence, j’ai donc poussé ma chance en contactant le groupe MonVeto et en indiquant mon souhait d’intégrer un service d’urgences de nuit.

Crédit photo : groupe MonVeto

Quelle a été la réaction du groupe MonVeto ?

Ils ont été très étonnés car c’était la première fois qu’ils avaient une telle demande, en tous cas dans la région.

L’équipe fonctionne grâce à une rotation de gardes d’une équipe de 12 ASV, une à deux fois par mois

  • du lundi au samedi : 19h30 / 1h : 1 ASV
  • dimanche et jours fériés : 4 ASV se relaient (2 ASV journée 8h-16h et 9h-17h + 2 ASV 16h-22h et 17h-1h)

Ils ont répondu « pourquoi pas » ? Nous avons revu un peu l’organisation et avons créé mon planning.

C’était il y a deux ans et demi maintenant et je suis désormais Coordinatrice du service d’urgence chez Normandia.

Auxiliaire vétérinaire qui règle une machine
Natacha, ASV chez Normandia

Ton poste comporte-t-il une dimension de management des ASV ?

En effet, outre les plannings, je forme les équipes sur des nouveaux produits, les nouvelles machines, les protocoles.

J’assume également tout le volet administratif. Le service des urgences est autonome de ce point de vue, je gère donc les impayés, la comptabilité…

Avec ce recul de deux ans, quel bilan pour Normandia ?

Cela a apporté une stabilité qui est intéressante au niveau du fonctionnement.

Comme je travaille cinq jours sur sept (30h / semaine), la collaboration est facilitée aussi par le fait d’avoir une ASV référente, stable, avec des routines de collaboration bien rodées.

Me concernant, cela m’a ouvert de nouvelles opportunités : je suis actuellement en train de passer un CQP technicien de soins vétérinaires et j’interviens désormais comme formatrice chez APForm.

Quels avantages pour la clinique de proposer un service d’urgences de nuit ?

D’abord le service rendu, qui est très important pour les clients et qui permet aussi de se faire connaitre localement.

Les autres services d’urgence locaux consistent en des gardes de vétérinaires sous astreinte qui n’acceptent que leurs propres clients, alors que nos équipes dorment sur place (sauf l’ASV qui est présente puis sous astreinte à partir d’1h du matin).

Notre service est également ouvert à tous.

Quelle est l’activité en général la nuit et sur quels motifs de consultation ?

Nous avons une douzaine de consultations par soir en moyenne. L’équipe type est composée d’un vétérinaire et d’une ASV (sauf le dimanche et les jours fériés à quatre ASV + deux vétérinaires).

Nous faisons des transmissions sur les cas hospitalisés en début et en fin d’activité. En l’absence d’appels il y a bien sûr les soins aux animaux hospitalisés…

Après 3h du matin, l’ASV rentre chez elle et nous ne le/la rappelons que pour deux motifs de chirurgie impossibles à réaliser seul(e) : césarienne et torsion d’estomac.

Les motifs de consultation varient beaucoup : SUF (syndrome urologique félin), SDTE (syndrome dilatation-torsion d’estomac), césariennes, AVP (accidents de la voie publique), hernies discales, intoxication, réactions allergiques (surtout l’été), corps étrangers…

Quel est le parcours-type pour une consultation ?

Nous avons d’abord un système de régulation téléphonique visant à identifier le niveau d’urgence pour l’animal. Nous classons le cas selon 4 niveaux avec une consultation immédiate, sous quelques heures ou le lendemain par exemple.

Nous donnons des consignes et conseils de transport au client en fonction du motif de consultation. Parfois c’est complexe, notamment quand il s’agit de traumatismes avec potentielles fractures.

Quel impact du travail de nuit sur les conditions de travail et la rémunération ?

Je fais 30h par semaine et j’ai une prime de garde (majoration de mon taux horaire). Les heures de nuit sont souvent bien plus compliquées que de jour :

  • gestion de la fatigue ;
  • attention nécessaire au rythme de mes repas, avec par exemple le petit déjeuner à midi, le déjeuner à 16h ;
  • adéquation avec la vie privée ;

Les relations avec les propriétaires sont donc différentes la nuit ?

C’est complètement différent, je le vois nettement après 16 ans à travailler de jour :

  • Il n’y a pas de notion de fidélisation du client déjà. On se concentre sur le cas et sur l’urgence ;
  • Compte tenu de la gravité des cas, il faut un certain détachement des émotions du client. Tout est pour le patient, le patient et le patient ;
  • Beaucoup de prise en charge de fin de vie ;
  • Davantage à fleur de peau, fatigués, certains clients sont agressifs et nous devons nous adapter et gérer leurs émotions.

En tant qu’ASV, peut-on postuler pour un stage ou une formation chez vous ?

C’est tout à fait possible, quel que soit l’établissement de formation tant qu’il y aune convention de stage. Vous pouvez transmettre votre candidature à recrutement@groupemonveto.com ou postuler directement sur notre site recrutement.

Avez-vous un message à transmettre aux ASV qui vous liront ?

Oui, lancez-vous ! C’est vraiment une belle expérience à vivre, moi, au bout de deux ans et demi, je m’éclate toujours. J’ai énormément appris, j’ai énormément pris en autonomie.

Pour travailler aux urgences, l’essentiel est d’avoir de l’expérience en pratique de jour, de l’autonomie, de savoir gérer des protocoles.

La gestion de la détresse du client est aussi au centre. La gestion de ses propres émotions est clairement un plus aussi.

Quel est l’équipement de la clinique ?

La structure est très équipée, c’est une formidable opportunité de formation à ces outils pour un(e) ASV :

  • Matériel de réanimation
  • Radiologie numérique
  • Echographie
  • Anesthésie et monitoring
  • Scanner
  • Endoscopie
  • Fluidothérapie
  • Chirurgie
  • Laboratoire

Merci Natacha !

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